Tout commence au village de Ruette, petite bourgade typique de la région gaumaise, aux abords de Virton, en Belgique. Le 23 juillet 1862, Françoise Georges, alors âgée de 25 ans et originaire dudit village y épouse Joseph Babillon, âgé de 21 ans et originaire de Vaux Warnimont. Françoise suit alors Joseph en France dans le village de Vaux Warnimont et tous deux y fondent leur famille. Naîtront de leur amour, Joseph Alfred en 1863, Joseph Emile en 1864, Marie en 1866 et Jean-Nicolas en 1868. Mais alors que Françoise est enceinte d'un cinquième enfant, Joseph, le père, décède le 20 juillet 1870 à l'âge de 29 ans. Nous ne savons rien de sa mort, aucun document n'en parle mais en juillet 1870, la France est en proie à une épidémie virulente de variole hémorragique, possible cause de son décès. Françoise accouche de son cinquième enfant le 20 janvier 1871 mais l'enfant décède deux jours plus tard, suivi de sa mère le lendemain, sûrement dû à des complications liées à son accouchement. Leurs quatre enfants dont l'aîné n'est alors âgé que de 7 ans, sont alors recueillis chez leurs grands-parents maternels, Jean-Baptiste GEORGES (1820-1887) et Marie-Catherine Warnimont (1804-1878) à Cussigny, non loin de là.
A la mort de leurs grands-parents et sans doute dans l'espoir de trouver une meilleure qualité de vie, les quatre enfants vont migrer. Joseph Alfred va alors partir pour Paris avec sa soeur, Marie. La capitale française est alors une terre prospère où trouver du travail est chose aisée. Joseph Emile et Jean-Nicolas vont, eux, s'engager plus tard dans un tout autre voyage, l'Argentine.
Paris :
Joseph Alfred Babillon (1863 - ?) arrive à Paris aux alentours de 1886 et se marie à Louise Marie Hardouin le 18 juillet 1889 dans le 9e arrondissement. Joseph est alors garçon de salle puis limonadier par la suite. En 1895, il manque sa convocation au service militaire puis est déclaré insoumis en 1897. Il est arrêté par la gendarmerie le 25 décembre 1897 et est acquitté par le conseil de guerre. Il change plusieurs fois de domicile et passe son service militaire par obligation dans le 38e régiment d'infanterie le 14 octobre 1900. De lui nous n'avons plus de traces entre 1900 et 1931. Il est dit dans le recensement de 1931 qu'il est veuf et concierge à la Place des Deux-Écus. Nous ne lui connaissons pas de descendance à ce jour.
Marie Babillon (1866 - 1924) arrive à Paris en même temps que son frère et épouse Jean-Baptiste Marcel Gaubert le 1er septembre 1898 dans le 8e arrondissement. Marie est alors successivement cuisinière et ménagère et son mari est maitre d'hôtel. Il ont ensemble un fils, Georges Alfred Marcel Gaubert, né le 18 juillet 1899 dans le 18e arrondissement. Nous ne leur connaissons pas d'autre descendance à ce jour et ne savons rien de plus sur ce couple. Marie s'éteint le 11 août 1924 à son domicile au 33 rue de Clichy.
Argentine :
Joseph Emile (voir portrait), alors forgeron et puddleur (métier qui consiste à la décarburation de la fonte en fusion à l'aide d'un long crochet pour la transformer acier), part d'abord à Rachecourt-sur-Marne puis passe son service militaire en 1885 au sein du 137e régiment d'infanterie. Il épouse Joséphine Joscht le 12 mai 1888 à Pompey. Joseph Emile et Joséphine embarque quelques temps après de la même année sur le navire "Parana" (voir photos) au port du Havre, en partance pour Buenos Aires. Ils arrivent en Argentine le 26 juin 1888. Le pays est alors en plein essor économique et accueille les réfugiés politiques de tous bords. De nombreux français y sont d'ailleurs déjà installés (voir carte). Arrivé au port, Joseph Emile doit espagnoliser son nom, il se fait donc appeler José Emilio. Il se déplace ensuite vers la ville de Mendoza, à l'ouest du pays, au pied de la Cordillère des Andes. Joséphine donnera naissance à quatre filles dont nous ne savons rien de plus. Joséphine décède vers 1920 et José Emilio se remarie avec María Luisa Saez, qui lui donnera un fils, Emilio Ricardo Babillon (1923-1973). Grâce à l'aide de ses descendants, nous savons que José Emilio a fondé un restaurant proposant des plats typiques français dans la ville de Mendoza, où s'y réunissaient les immigrés français de la ville. José Emilio s'éteint le 03 juillet 1950 à Mendoza, à l'âge de 85 ans.
Jean-Nicolas Babillon passe son service militaire le 14 novembre 1889 au sein du 94e régiment d'infanterie. Il migre plus tard vers l'Argentine, en 1894. Nous savons qu'il s'est marié mais ne connaissons rien de plus sur sa vie. Il sera mobilisé par la France en 1914 mais étant parti, il sera déclaré insoumis et ne se battra jamais pour son pays d'origine.
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